Aristide CAILLAUD (1902-1990)
Oeuvre UniquePaysage, 1979
acrylique sur toile
54,5 x 37,5 cm
signée en bas à droite et dédicacée au verso :
‘à Jean-Pierre. Aristide Caillaud le 19-04-80’
cadre : 77,5 x 60,5 cm
Exposition :
– Ce qui était murmure, Collection Jean-Pierre et Martine Nuaud, 2 juill.-3 sept. 2017, Maison Zervos, Vézelay, reproduite p. 17 du catalogue de l’exposition
Provenance :
– Ancienne collection Jean-Pierre (1944-2022) et Martine Nuaud, Nantes
Photos HD disponibles sur demande
6 900 €
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Biographie d’Aristide Caillaud
Aristide Caillaud, l’enchanteur
1902, Mauléon (Deux-Sèvres) – 1990, Jaunay-Clan (Vienne)
Aristide Caillaud naît en 1902 d’un père ouvrier de ferme et d’une mère tisseuse de mouchoirs à Cholet. Son enfance, partagée entre la campagne et les travaux des champs, marque profondément son imaginaire. Après une scolarité difficile, il entre en 1914 au petit séminaire de Châtillon-sur-Sèvre, puis poursuit ses études religieuses à Poitiers. Ordonné prêtre en 1927, ses initiatives pédagogiques peu conventionnelles lui valent des remontrances. Il quitte la prêtrise quelques années plus tard, puis s’installe à Paris où il exerce divers métiers avant d’être mobilisé en 1939. Fait prisonnier, il découvre véritablement le dessin sous l’influence du maître verrier Max Ingrand avec qui il se lie d’amitié. À sa libération, encouragé par ses compagnons de captivité, Caillaud se consacre pleinement à la peinture et commencer à exposer dès 1946. Lauréat de la médaille d’or à la biennale de Menton en 1956, il multiplie les expositions en France et à l’étranger. Plusieurs rétrospectives lui sont consacrées, notamment au Musée d’Art moderne de Paris en 1976. Il s’éteint à Jaunay-Clan dans la Vienne en 1990, laissant une œuvre singulière saluée pour son unité et sa puissance évocatrice.
Berger dans sa jeunesse, Caillaud grandit au cœur d’une nature travaillée, façonnée par la main de l’homme, où le paysage devient un damier ordonné de champs, d’arbres et de chemins. Chez lui, l’homme, la nature et le travail sont indissociables, et cette trilogie fonde une esthétique où la beauté naît de la relation entre les êtres et leur environnement. Mais Caillaud ne se limite pas à une représentation réaliste du monde : son œuvre bascule vers un imaginaire symbolique, traversé d’influences romanes, mythologiques et bibliques. Il développe un univers personnel où les paysages deviennent archétypes, peuplés de figures hybrides, d’animaux fabuleux, de visages intemporels et d’arbres cosmiques. Cette vision structurée du monde nourrit une peinture à la fois méticuleuse et foisonnante, où chaque tableau est une célébration du vivant, une tentative de concilier les éléments du monde – végétal, minéral, humain – dans une même matière picturale. À la manière d’une icône profane, ses compositions dégagent une intensité spirituelle sans être religieuses au sens strict : elles relèvent d’une foi en la peinture comme langage originel.
Réalisé trois ans après l’exposition rétrospective que le Musée d’Art moderne de Paris lui consacre en 1976, notre tableau s’inscrit dans la période de maturité de l’artiste. À ce moment de son parcours, Caillaud s’éloigne encore davantage de la figuration pour développer un langage pictural plus libre et visionnaire. La toile devient un espace mythique, un lieu de genèse où les règnes fusionnent en un paysage total, habité d’énergies telluriques et cosmiques. Offert et dédicacé à Jean-Pierre Nuaud, collectionneur passionné et ami proche du peintre qui a joué un rôle essentiel dans la diffusion de son travail, notre Paysage (1979) est précurseur de cette période : une composition à la fois terrestre et céleste, où le relief du monde semble émerger d’un rêve minéral. La toile s’organise autour d’un large espace central baigné d’un bleu profond, à la fois lac et ciel, encadré de masses rocheuses traitées en mosaïques vibrantes, où dominent les mauves, les rouges incandescents et les verts profonds. Au centre, une série de formes dorées, entre animaux stylisés et figures flottantes, anime la surface, brouillant les repères entre l’air et l’eau, l’organique et le minéral.
Collections publiques
Centre national des arts plastiques, Paris
Musée national d’art moderne – Centre Georges Pompidou, Paris
Musée d’art moderne de Paris
Musée d’arts de Nantes
Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne
Frac Poitou-Charentes, Angoulême
Musée d’art naïf et d’arts singuliers, Laval
Musée Sainte-Croix, Poitiers
Musée du Donjon, Niort
Musée Bernard d’Agesci, Niort
Musée de Bressuire
Le Grand Atelier – Musée d’art et d’industrie, Châtellerault
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